« Migrants : La Verrière ne peut pas accueillir toute la misère du monde ! »


A partir de vendredi 7 juillet, le parc sportif Philippe Cousteau, à La Verrière, est réquisitionné pour y héberger une centaine des 2700 migrants en provenance du campement sauvage de la Porte de la Chapelle à Paris.

1) En tant que Conseiller municipal d’opposition à La Verrière et Conseiller départemental suppléant du canton de Trappes, je regrette l’absence totale de concertation avec les élus et que l’Etat mette, une nouvelle fois, notre ville devant le fait accompli après lui avoir fait subir une baisse sans précédent de ses dotations.

Si le démantèlement du campement sauvage de la Porte de la Chapelle peut se comprendre sur le plan de la santé publique, de l’hygiène et du traitement digne des êtres humains, j’aurais souhaité que la répartition des migrants en Ile-de-France se fasse sur la base du volontariat avec une incitation financière pour les communes.

Alors que les habitants de La Verrière ont déjà fait preuve de beaucoup de générosité, dans une ville qui rencontre déjà d’importantes difficultés sociales (chômage…), il aurait été préférable que l’effort de solidarité soit mieux partagé sur le territoire à l’échelle régionale.

2) De plus, face à cette réquisition, les habitants de La Verrière sont inquiets et ne se sentent pas défendus.

Combien de temps durera, réellement, cette situation avec pour conséquences l’impossibilité, pour les familles et les associations sportives, d’accéder à ce bâtiment public ?

Quelles sont les garanties en termes de sécurité et de tranquillité publique ? L’envoi des migrants dans ce gymnase peu adapté à une telle situation porte en effet le risque qu’ils soient livrés à eux-mêmes dans les rues de la ville et ne puissent plus être contrôlés.

3) Plus largement, cette réquisition arbitraire pose la question de l’efficacité de la politique migratoire menée en France et en Europe…

Il s’agit en effet de la 34ème évacuation à Paris depuis juin 2015… Et à chaque démantèlement, de nouveaux migrants viennent se réinstaller avec de nouveaux campements sauvages qui apparaissent…

C’est pourquoi, cette « solution » qui consiste à évacuer de force ces campements sauvages et à répartir les migrants dans des centres d’accueil improvisés, en contraignant les élus et la population locale, semble en réalité symptomatique de l’échec de l’Etat de droit.

Un Etat démissionnaire, incapable d’assumer ses responsabilités et son autorité. Un Etat qui renonce notamment à faire appliquer les lois sur l’immigration irrégulière.

Car il faut dire la vérité : les migrants de la jungle de Calais ou de la Porte de la Chapelle, dont une centaine est aujourd’hui hébergée à La Verrière, ne sont pas tous des réfugiés !

Certains ont tenté de gagner le Royaume-Uni à tout prix, parfois au péril de leur vie, dans un objectif de travail. Ce n’est que faute de pouvoir se rendre en Grande-Bretagne qu’ils restent en France.

De fait, ils ne peuvent pas bénéficier du droit d’asile qui s’applique à des personnes qui fuient des persécutions et s’installent dans le premier pays assurant leur protection, où ils se trouvent en sécurité le temps nécessaire.

Quelles que soient leur situation de détresse, certains des migrants sont en réalité des étrangers en situation irrégulière, qui n’avaient pas le droit d’entrer sur le territoire et auxquels les lois de la République interdisent d’y séjourner. Face à cette situation, l’État a donc un devoir : appliquer les lois de la République et les raccompagner dans leur pays dans le respect de leur dignité et sauf raison humanitaire spécifique.

4) Il faut donc que l’Etat prenne de vraies décisions courageuses !

Il faut notamment faire appliquer la loi française avec exigence. Selon la Cour des comptes, 96% des demandeurs d’asile déboutés restent en effet en France en situation irrégulière…

Il faut aussi continuer les sauvetages en mer mais en ramenant les candidats à l’émigration sur les côtes d’origine, pour un examen attentif de leurs dossiers et afin d’éliminer les mouvements mafieux qui prospèrent dramatiquement.

Il faut enfin un vrai plan Marshall de co-développement. 

Le temps presse. Il faut agir vite ! Car à terme, ce mode de gestion de la crise migratoire mené actuellement par l’Etat est désastreux.

Il donne une image négative de l’immigration comme résultat de l’impuissance publique et comme source de chaos non maîtrisé… ce qui fait malheureusement le jeu des extrêmes et provoque inexorablement la montée de la xénophobie indigne d’un pays comme la France.